Les séries télé, depuis cinq ou six ans, ont atteint un pic de popularité jamais vu depuis la naissance de la petite lucarne. Que le phénomène soit dû à la feignantise des spectateurs ou au contraire au travail acharné des scénaristes, le résultat est là : le medium emploie quelques grosses pointures du grand écran (Quentin Tarantino, Bryan Singer, Barry Levinson, Kevin Smith...), les audiences flambent, et les coffrets DVD se vendent comme des petits pains malgré leur prix conséquent et le temps de visionnage insensé qu'ils représentent pour le spectateur normal (comprendre : pas le geek asocial qui a renié femme, enfants et vie professionnelle pour se taper l'intégrale de Star Trek en boucle).
Conséquence de cette consommation massive d'épisodes, le générique raccourcit. Car le spectateur qui avale dans la même soirée cinq épisodes de sa série favorite finit par se lasser d'un générique de deux minutes qu'il finit par trop bien connaître. 
Sobriété, sobriétéExit donc les accents immortels du thème d'Amicalement vôtre composé par John Barry et joué au Qanûn, un instrument à cordes iranien ; exit les sifflements étranges composés par Mark Snow pour X-files ; exit même les fondus fébriles et éthérés du générique d'Urgences primé en son temps aux Emmy Awards (et dont le thème était composé par James Newton Howard), puisque depuis la saison 13 il est remplacé par un bête jingle de huit secondes.
Cette tendance, amorcée par des séries comme Scrubs et son générique ultra-court, trouve son apogée dans 24 ou Lost, qui affichent tout juste leur titre, avant de foncer bille en tête dans l'épisode, les crédits étant négligemment affichés dans un coin de l'écran alors que l'intrigue se déroule. Ce besoin de rapidité, d'immédiateté, est également visible au cinéma, où certains films d'action trouvent le moyen de ne pas même afficher leur titre avant le générique de fin (Miami Vice).
D'une façon générale, il est devenu de bon ton de ne plus s'étendre sur la nature d'une oeuvre dès lors qu'on la considère suffisamment connue. Ce snobisme mène à faire la promotion de certains films de super-héros en ne montrant que leur logo, ou de ne parler du nouveau Mission: impossible que sous la forme de M:I... Ou, dans un autre domaine, de ne plus faire la promotion de Nike qu'en montrant un simple trait tordu, dépouillé du nom de la marque !
Sous couvert de modernité, on remarquera quand même que cette course à la brièveté ne fait que répliquer les génériques des séries des années 50 (Maverick, Au nom de la loi), dont la sobriété était dictée par le manque de moyens et le mépris accordé aux séries télé, dont il fallait alors réduire le temps de présence à l'écran.
Cette évolution ne serait-elle qu'une régression ? Rendez-nous les génériques complets et imaginatifs !
Ahhhh ! Enfin un vrai bon coup de gueule important et tellement vrai ! Une "saine colère" tout à fait justifiée ! Je suis à 300 % d'accord et d'ailleurs je remercie TF1 d'avoir perçu cela avec Heroes !
Je ne sais pas si je cautionne pour autant le traficotage d'oeuvres originales, surtout lorsqu'il s'accompagne d'une chanson à la qualité contestable (on ne parlera même pas de Prison Break et Fouf la Rouge)
En même temps, on se souviendra avec émotion du générique français de Starsky et Hutch, bien plus mythique que le fade générique d'origine.
Riffhifi président ^^
Sympathique article auquel je me rallie.
Pas faux. Tu comptes un manifestant de plus dans tes rangs.
A noter quand même que sur les mini-séries ils gardent le générique. Pour qui a déjà essayé de regarder Kaamelott, le SAV des Emissions ou autre, a déjà dû tenter de balancer son lecteur DVD par la fenêtre pour subir 30 secondes de générique pour 2 minutes d'épisode.
Faut dire aussi que la plupart des génériques sont d'un chiant...
Weeds sort du lot avec son "little boxes" qui change à chaque fois, mais bien souvent c'est terriblement morne.
faut dire aussi que raccourcir un générique donne plus de temps pour la pub, lors de la diffusion aux USA (alors que desperate housewives, E.R., Grey's anatomy ont sacrifié à la tendance, Prison Break semble faire de la resistance et Heroes en V.O. a de suite décidé de faie court).
pour les films, c'est plus stylistique je pense. l'article parle des films de super-héros, comme la nuée de chauves souris formant le logo redéfini de Batman begins pour toute intro, idée plus sympa qu'un générique souvent rébarbatif (vous avez dit spider-man 3 ? - en dépit d'un effort d'illustration facon BD)
Tu as oublié de dire que parfois, les téléspectateurs sont aussi attaché à leurs génériques. Je ne connais qu'un exemple, c'est celui de Stargate sur SciFi, ils avaient réduit le générique pour avoir plus de temps de pub, mais avec la colère des spectateurs, le générique à été remis au bout de quelques épisodes !
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