Pour faire suite à la critique d'Ichabod sur ce qui m'a l'air d'être une séquelle de plus à but "lucratif" pour leurs auteurs mais en même temps sournoisement accusatrice du laxisme de certains parents d'aujourd'hui devant leur progéniture (ce qui leur donne une bonne conscience) l'évolution de la société économique ne permet plus à l'un des deux parents (c'était la mère à l'époque)de "surveiller" leurs enfants comme dans l'époque des trente glorieuses dont font partie les années 50. Je schématise bien sûr et suis lapidaire . D'un autre côté, les gens sont de moins en moins solidaires et la difficulté de trouver du travail liée à l'incertitude d'un avenir "sans nuages" réduit comme peau de chagrin les espoirs d'une vie meilleure et conduit au renoncement. Il s'agit d'une évolution des évènements dans le "mauvais sens" et le pouvoir de l'argent -manipulé par des médias dont l'importance croit de manière parallèle à la disparition de leurs scrupules- est un sujet d'inquiètude je pense pour beaucoup d'entre nous !
Le Pensionnat de Chavagnes, sans être un bon programme de télé (c'est assez dur si ce n'est impossible pour de la TV-réalité), possède un certain nombre d'aspects intéressants.
Tout d'abord, il nous montre que les jeunes collegiens d'aujourd'hui sont quasiment incapables de sortir des phrases correctes de leur bouche. En effet, ils ne connaissent presque pas de mots de vocabulaire, conjugent mal les verbes, ne savent pas aligner deux mots sans y mettre un "quoi", un "putain", un "ça me saoûle", un "ça me gave", un "fait chier", un "ta gueule", un "ça me prend la gueule", un "il est grave" ou encore pleins d'autres déviations de la langue comme un verlan qui limite les capacités d'expression.
Ensuite, Le Pensionnat de Chavagnes nous montre que les jeunes collegiens ne savent plus ce que sont la politesse, le respect des professeurs et des camarades et surtout l'autorité. En effet, ils sont constamment insolents, insultants, irrespectueux, déchaînés et n'ont qu'une priorité qui est de faire le plus de conneries possibles.
Avec ces deux aspects, l'emission nous dresse un portrait affligeant de la jeunesse d'aujourd'hui. En effet on constate avec une certaine peur que les jeunes n'ont presque pas de valeurs et détèstent les normes. On pourrait se dire que les producteurs ont pris les pires, et pourtant non, il y a de tout dans ce pensionnat (origines sociales et ethniques), ce qui fait qu'on est pas si loin de la réalité. Et, comme par hasard, ce sont les élèves les mieux éduqués par leurs parents (ceux qui ont un peu conscience de ce que veut dire le mot autorité) qui réussissent le mieux à l'école. Pas de réelle surprise, l'autorité apprend le respect et les limites que l'on a dans la société et permet de bien apprendre et de réussir. On pense ici par exemple au petit Majid et au premier de la classe qui ne sont jamais pris entrain "de foutre le bordel".
En dehors de ça, le Pensionnat de Chavagnes déçoit vite dès le second épisode. En effet, après une première émission à la fois hilarante (avec la repression des enseignants, surveillants et du directeur et avec les pleurs et les réactions qui s'en suivent) et affolante (pour les raisons exposées plus haut), les émissions suivantes assument moins leur autorité. En effet, on se retrouve parfois devant des punitions ridicules qui font pale figure fasse à ce que se fait aujourd'hui dans les vrais collèges, à de la répression bien moins assumée... En conséquence, les élèves perdent vite leur peur de l'autorité et se permettent de tout faire. Ainsi, ils pouffent en classe, insultent indirèctement les enseignants et se permettent de ne rien respecter. Par exemple, on est plus que très étonné de ne pas voir la petite pèste de Charlotte se faire expulser du Pensionnat avec l'insolence qui la caractérise et les enfreintes au réglement qu'elle fait en permanence. Les professeurs et surveillants se contentent de lui donner de légères punitions qu'elle ne fait parfois même pas! Bref, on peut imaginer que l'émission s'est auto-censurée après l'exclusion d'un premier élève très irrespectueux et turbulant...
Le Pensionnat de Chavagnes est à la fois intéressant pour la pitoyable jeunesse qu'il nous montre et limité par son aspect TV-réalité. En effet, l'accent est mis sur les sotises des élèves et les maigres repressions de l'autorité du pensionnat alors qu'il devrait être mis sur l'importance de l'autorité dans le processus d'éducation.
Bref, un VRAI documentaire serait bien plus pédagogique. Cependant, si l'emission peut faire prendre conscience à des parents que leur enfant est certainement aussi arrogant, insolant, irrespecteux et bête que ça et qu'il y a quelque chose à faire de leur part pour que ça change, c'est déjà beaucoup...
Mélange improbable entre "Etre et Avoir" pour le côté documentaire/reflexion sur l'enseignement et "Les choristes" pour le côté élèves difficiles dans les années 50, "Le pensionnat de Chavagnes" est une émission de télé-réalité qui avait l'air de bonne qualité sur le papier vu le concept: Des élèves des années 2000 qui se retrouvent dans les conditions de travail rigide des années 50.
Personnellement je les trouvais distrayant. Les élèves sont des fortes têtes et détestent les punitions idiotes et rétrogades qu'on leur inflige à cause de leur bavardages et mauvais comportement permanent.
Néanmoins, je crois que beaucoup font l'erreur de prendre ça au sérieux.
"Le pensionnat de Chavagnes" n'est PAS UN DOCUMENTAIRE ! C'est une émission de télé-réalité au même titre que Loft Story et la Star Academy...