Gonzales - Concert au Théâtre du Châtelet

Critique par JC - le 17/09/2006 visuel Gonzales - Solo Piano
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Samedi 9 septembre, le Théâtre du Châtelet ouvrait gratuitement ses portes au "Québec_numériQ" dans le cadre des festivités de francofffonies ! Après les installations d'artistes contemporains de la Belle Province tels que les vidéos psyché de Jean Piché, l'object-jaying de Diane Landry et les mixes du collectif Montréal Electro, l'éminent arrangeur Gonzales y allait de son Pianovision.

Gonzaless


Le cas Gonzales est une affaire entendue. Rappeur débile et génial, arrangeur touche-à-tout pouvant enchaîner Peaches, Jane Birkin, Feist, Philippe Katerine et Tekilatex, et bien sûr pianiste confirmé depuis Solo Piano sorti en 2004. C'est ce dernier qui se produisait d'ailleurs ce soir-là.

1 heure du matin, Gonzales arrive habillé de sa blouse blanche et de ses gants stériles. Prêt à faire parler ses talents de petit chimiste du clavier. Surmonté d'un écran rectangulaire, le pianovision, une invention un tantinet gadget de la Teutonne Nina Rhode aka Ninja Pleasure qui permet de voir le clavier de tout son long, il débute par ses morceaux de piano caractéristiques aux accents de Satie et à la vigueur de Jarrett. D'emblée, le grand dadais subjugue. Sur scène, les solos de Gonzo prennent l'ampleur qu'ils méritent. L'épure de ses mélodies se distillent entre le sublime et le génial, zone tampon de l'extase gracile perceptible dès le Gogol d'entrée. Plus les chansons s'égrènent et plus les applaudissements gagnent en ferveur. Parmi les irrésistibles Salon Salloon, Oregano, Dot et Paristocrats, le type se permet même de jouer son tube rap Take Me To Broadway aux cordes frappées, faisant naître une nostalgie indicible dans le coeur des possesseurs de l'album Presidential Suite.

Gonzamore


L'arrangeur le plus bankable du moment s'est amusé pendant une heure entière. Le public également. En l'écoutant inventer une sombre histoire de jour de tristesse au Québec prétexte à élimer des classiques en basculant la tonalité de majeure à mineure, gris-gris qui a transformé Frère Jacques en moine pervers ; en fredonnant les quatre "hum" qui posent les bases d'une impro blues rondement menée ; en se délectant d'une minute trente de freestyle rap ; ou encore en se laissant porter le temps de Carnivalse dans la magnifique Grande Salle du Théâtre du Châtelet abîmée dans un noir d'ébène.

Vers 1h45, la lumière (re)fut, Un rappel franchement inoubliable avec reprises de standards 80's comme She's a Maniac de Michael Sembello et Another One Bites the Dust de Queen. Puis le grand Canadien est reparti sous les olas avec le sourire. Les bobines aux yeux plein d'étoiles quittaient la salle à contre coeur, les "c'était trop bien" fusaient. Ils étaient mérités.

Pour la petite histoire, à Paris, à deux heures du matin, il n'y a plus de métro. Mais on s'en fout royalement quand sa joue est encore endolorie par la caresse Gonzales.


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