Indochine - 3.6.3

Critique par camite - le 12/01/2004 visuel Indochine - 3.6.3
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Paradiziac
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Un an et quatre mois, plus de 80 concerts (souvent à guichets fermés)... Paradize, l'album qui aura vu Indochine revenir sur le devant de la scène médiatique a bénéficié d'un support live à la hauteur de ce que le groupe de Nicola Sirkis a toujours offert à ses fans, creux de popularité ou pas. Le superbe Dancetaria Tour a donné naissance à un DVD hybride (Les Divisions de la Joie). Les trois actes du Paradize Tour auront droit à un triple DVD en février mais 3.6.3, l'album live, a déjà pris place dans les bacs depuis le 5 janvier.

3.6.3, comme la date à laquelle Indochine devient le premier groupe de rock français à remplir Bercy. Comme pour Indochine au Zénith, Radio Indochine et Indo Live, le groupe a choisi d'enregistrer un concert unique, avec ses qualités et ses défauts, puis d'en proposer l'enregistrement (plus ou moins) intégral sur deux CDs. Pas de ré-enregistrement d'instruments, choeurs ou voix comme parfois par le passé et, dans un sens, cela s'entend. Au chant, Nicola Sirkis déraille souvent mais d'un autre côté, on n'a jamais écouté Indochine pour la performance vocale. Et le timbre, si singulier, colle parfaitement à l'univers charmeur et envoûtant des paroles et des musiques qui les accompagnent.

Maintenant, un concert d'Indochine constitue avant tout une expérience physique où le groupe entre dans une sorte d'osmose irréelle avec son public. Etat de transe assez difficile à capter sur disque, même écouté sur la plus pure des installations musicales. Il faut toutefois reconnaître à l'entrée en matière une efficacité redoutable, de l'intro empruntée à Death in Vegas à Punker en passant par le classique Trois nuits par semaine et le magnifique Paradize, co-écrit avec la romancière Ann Scott, qui passe merveilleusement à la scène. Astroboy puis Dark nous font ensuite regretter d'autres titres de leurs albums d'origine (ah, Justine... ah, Le Manoir). Heureusement, Melissa Auf Der Maur vient remettre tout le monde dans le droit chemin de la perversion avec sa voix ensorcelante qui vous possède entièrement pour une version épique du Grand Secret.

La suite est plus inégale. Un medley en roue libre, deux trois versions acoustiques moyennes comparées à l'album Nuits Intimes, des titres devenus moyennement supportables à force d'écoutes (franchement, comment ne pas passer Punishment Park ou Tes Yeux Noirs ?) et bien sûr l'extra nase Marilyn, son sample de Rock is Dead et son imagerie gothique à deux balles. Enfin, il en faut pour tout le monde. La fin, avec l'éternel L'Aventurier, le très électrifiant Glory Hole et Un singe en hiver écrit par Jean-Louis Murat en piste cachée rappelle assez bien la position unique occupée aujourd'hui par Indochine dans le paysage musical français. Un groupe gravé dans l'inconscient collectif, capable de chanter des chansons échappées des années 80 de façon crédible, puisant plus ses influences chez Placebo, Muse ou Manson que chez Obispo et Goldman, inspirant aussi bien Mickey 3D que l'ex bassiste de Hole et des Smashing Pumpkins.

Respect pour tout ça, monsieur Sirkis. Ne vous reste plus qu'à sortir l'album pop ultime avant de prendre un congé bien mérité.


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