Juliette & The Licks - You're speaking my language

Critique par camite - le 03/07/2005 visuel Juliette & The Licks - You're speaking my language
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On en rêve depuis les scènes musicales de Strange Days. C'est désormais fantasme assouvi : Juliette Lewis a sorti son disque. Et un bonheur n'arrivant jamais seul, parait-il, c'est un disque de rock. En France, la belle aurait demandé à Benjamin Biolay de lui écrire un album mou et chiant comme la mort. Au mieux l'aurait-on retrouvée chez Murat au bout de quelques années. Dieu merci, s'il y a bien un domaine où les Américains peuvent se permettre d'être arrogants, c'est la musique. Chez nous, il y a Juliette, chanteuse conteuse pour étudiants en lettres. Chez eux il y a Juliette & The Licks, ce qui est autrement plus bandant.

L'ambiance est donc plutôt guitares binaires dans ton garage. You're speaking my language, Money in my pocket et American Boy dépotent bien sévère en entrée. On est certes pas là pour réfléchir à l'état de la société de consommation ou au réchauffement de la planète mais mélodies, choeurs et riffs fonctionnent efficacement à défaut de génialement. L'enthousiasme retombe un peu sur I never got to tell you what I wanted to, faible ersatz des Stones (pour la musique) et de Marianne Faithfull (pour la voix). Sur This I know ou By the heat of your light, la faiblesse de la chanteuse apparaît cruellement. Elle ne provoque pas les mêmes émotions que sur un plateau de cinéma. La faute à des compositions faiblardes ?

Tout n'est pas à jeter sur ce disque, mais la plupart des morceaux donnent justement l'impression d'avoir été écrits pour servir de fond sonore à un film de seconde zone. A moins qu'il ne s'agisse de Natalie Imbruglia se prenant pour Courtney Love. Sans véritable personnalité vocale, avec un groupe appliqué mais sans âme, Juliette Lewis déçoit un peu malgré quelques belles saillies (Got love to kill et Seventh Sign rattrapent un peu vers la fin). Le genre dont on prend le numéro sans forcément rappeler derrière. Dommage. Vraiment.


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