Attendu au tournant après le succès de La Tête en arrière, Luke avait entamé son virage rock en étant décrié avec une comparaison instantanément obligatoire à Noir Désir dans l’esprit de certains (même si l’un et l’autre ont peu en commun au final). Mais les bordelais ont fait le dos rond et reviennent avec Les Enfants de Saturne. Le tournant pris lors du dernier album se fait ressentir de nouveau, un son rock bien soutenu par des textes parlants et frappants. Mais il existe certains manques...
La bonne vieille recette du rock recèle encore des surprises avec des groupes comme Luke. Ici, il s’en faut de peu pour se croire encore dans le précédent opus du groupe avec un duo guitare-basse fonctionnant aussi bien. Les bordelais se permettent le luxe de jouer sur la voix convaincante de Thomas Boulard pour porter ses propres poétiques, remplies de métaphores et de double sens. Sur un tempo rapide avec une batterie martelant sa caisse (A l’intérieur) ou plus lent (Je suis Cuba, La Transparente), Luke se sent à l’aise parvenant à masquer parfois son léger manque à se renouveler d’une composition à l’autre. Mais les textes et les riffs s’avèrent payants et permettent d’oublier cette lacune. L’électricité se répand tout au long des plages musicales avec une envie de brutaliser ces textes, pour porter ce son vers un maximum d’intensité.
On se demande bien ce que Stella vient faire sur l'album car le titre se montre passable, presque créé pour faire du remplissage avec ses clappements de main peu inspirés. On retrouve constamment une symbiose dans la composition entre les différents instruments. Cela reste confiné dans le carcan du rock classique sans véritable innovation. De la maîtrise mais peu d’apport en terme de nouveauté, on reste dans le Luke connu et râbaché, la fin de l'album tombant parfois dans l'insipide le plus total (Si tu veux).
Finalement, Luke relève le défi de manière mitigée car s'il investit à nouveau son domaine du rock à texte avec suffisamment de cartouches pour donner envie d’adhérer aux Enfants de Saturne. Il lui manque toutefois le gros titre qui fait sensation comme l’avait fait Sentinelle en son temps et ne se renouvelle guère musicalement. Peut-être pour la prochaine fois…
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