Taproot - Blue-sky research

Critique par weirdkorn - le 14/09/2005 visuel Taproot - Blue-sky research
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6/10
A la recherche du gros son
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Blue-sky research, le troisième album de Taproot s'inscrit parfaitement dans la lignée de Welcome. Les quatre jeunes du Michigan étaient passés d'un néo-metal violent avec Gift à un metal aseptisé un peu mou qui oscillait entre gros son et mélodies malvenues. Blue-sky research continue sur cette lancée, le groupe s'orientant désormais vers du rock plutôt classique et ne comportant plus grand-chose de metal. Amateurs de musique furieuse et énergique, passez votre chemin, Taproot n'est plus ce qu'il était.

Cela dit, cette évolution ne comporte pas que des mauvais côtés puisqu'en se calmant une nouvelle fois, le groupe a sorti un opus davantage cohérent que le précédent, ce dernier n'arrivant pas à choisir entre metal et pop. Les riffs gras et les hurlements se comptent maintenant sur les doigts de la main mais sont placés d'une manière plus harmonieuse. Aidé par une production de qualité, le résultat général donne dans le pop-rock au son parfois gras. Même si l'album comporte moins de titres à zapper, il n'en possède pas non plus d'accrocheurs. Sky-blue research risque de lasser rapidement et de finir dans la poussière au milieu d'une pile d'autres CD.

Taproot commence pourtant avec ce qu'il savent faire de mieux sur I will not fall for you dont la mélodie groovy s'accorde parfaitement avec le gros son auquel ils nous avaient habitués. Rajoutez un peu de cris bestiaux et vous possédez là une introduction de qualité. Malheureusement, les titres au son musclé sont durs à trouver et ne sont pas forcément aussi réussis. On croirait le single Facepeeler tout droit sorti de Welcome, frappé d'une même mollesse malgré quelques passages faussement bourrins. So eager se démarque par son riff accrocheur vite suivi d'une superbe basse claquée, ces deux éléments faisant tout le charme de ce morceau. Blue-sky reaserch/What's left conclut l'album par le Taproot que l'on connaît, utilisant une dernière fois le gros son et les beuglements d'un Stephen qui préfère tout de même le chant.

L'album joue d'ailleurs beaucoup trop sur sa voix de crooner, certes très belle, mais plutôt monotone. Sur Gift, il rappait, hurlait, chantait, criait, là on a plus l'impression qu'il essaie de séduire son auditoire. Il en découle des titres pop-rock pas mauvais mais très répétitifs. Les mélodies ont été améliorées mais elles se ressemblent énormément et sont encore trop basiques. Il est presque impossible de faire la différence entre Violent seas, Birthday, Forevev endeavor, Lost in the woods, She, Promise et Nightmare. Seul Calling se détache du lot, ce titre apparaissant comme un futur single qui risque de tourner en boucle sur les ondes.

On s'aperçoit avec cet album que la rage qui habitait Taproot est définitivement disparue. Le groupe donne maintenant une impression de mélancolie, le ton étant plus posé et maîtrisé, utilisant à 100% des mélodies plutôt réussies. Blue-sky research devrait séduire un public différent, plus jeune et féminin, qui remarquera davantage la voix et le physique de Stephen Richards que la banalité de leur composition. Amateurs de gros son, il va maintenant falloir regarder ailleurs.


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