Western

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Les sept mercenaires
Les sept mercenaires
"John Wayne est un gros nul, je préfère Clint Eastwood"
. Voila une assertion qui nourrit bien des débats sur le western, où ne manque pas de se créer un schisme entre les pro-américains et les pro-spaghettis. Il est vrai que John Wayne, puisqu'on parle de lui, modèle de droiture, fait pâle figure face aux enfoirés tout sales des productions transalpines. Quand en plus le Duke s'affiche dans des films qui sont parfois d'un classicisme désespérant, il est tout à fait compréhensible de préférer l'école des gros zooms, de la violence et des personnages cyniques. Mais si John Wayne -qui par ailleurs a fait d'excellent films, comme Alamo- est devenu le symbole du western US, celui-ci ne se limite à cet acteur emblématique et l'on peut trouver des films plus déviants ou originaux, prouvant qu'il y a bien une passerelle entre les deux rives de l'Atlantique. Ainsi, dans le style ou la caractérisation des personnages, un western comme L'Homme aux Colts d'Or annonce déjà ce que sera la déviation du genre selon Leone. D'ailleurs ce film n'était-il pas un des préférés du réalisateur ? Dans le même ordre d'idée, des réalisations vraiment subversives à leurs époques, comme la Flèche Brisée, ont sans doute montré la voie aux Winnetou et autres Navajo Joe. Un autre grand film qui aurait pu être italien est Les 7 Mercenaires. Avec sa trame inspirée de Kurosawa -rappelons ici que Pour une Poignée de Dollars n'est jamais qu'une adaptation de Yojimbo-, ses flingueurs troubles, son casting de gueules et ses Mexicains à défendre, le classique de John Sturges a sans doute fait son petit effet en Europe, ne serais-ce que par son sujet (difficile de ne pas faire le parallélisme avec un film comme Cinq Gâchettes d'Or, aussi médiocre soit-il).


Une fois le western-spaghetti bien en place, il est possible de constater quelques fascinants cas de transfusions à double-sens. L'exemple le plus marquant reste sans doute La Horde Sauvage, en 69. Un film culte, sevré à la violence transalpine et au cinéma de Leone, qui trouve son point d'orgue dans un final épique et traumatisant, où Peckinpah joue de la mitrailleuse comme Corbucci en son temps. Peckinpah qui influencera ensuite des cinéastes comme Enzo Castellari ou Leone lui-même, les deux réalisateurs ayant développé une thématique dédiée à la mort de l'Ouest. La boucle est bouclée.

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